EDITORIAL DE AMINA DEBBACHE, DIRECTRICE DU QUOTIDIEN ECHAAB

Lettre d'une patriote algérienne au président français

السيدة أمينة دباش
04 جويلية 2017

 «Le destin des deux pays est lié et la moindre ‘'fitna'' en Algérie atteindra la France.» 

Dans un éditorial publié hier, la directrice de publication du quotidien arabophone Echaab, Amina Debbache, a commenté les premières semaines de l'exercice du pouvoir du jeune président français Emmanuel Macron, inconnu il y a encore trois ans, tout en mettant en garde contre les feux de la discorde: «Ce que vous aviez accompli en France, Monsieur le Président, depuis la naissance de votre mouvement 'En marche'', la conquête de l'Elysée et le triomphe aux élections législatives, constitue 'une véritable révolution politique''. 'Vous incarnez le renouveau, en rupture avec les courants politiques classiques. Une chose qui a satisfait la majorité de l'opinion publique française largement ulcérée du clivage gauche-droite et de l'alternance au pouvoir de ces deux partis», est-il relevé. «Vous avez également rendu espoir à l'Union européenne et à la coopération de proximité. De ce point de vue et pour d'autres raisons à venir, vous pourriez participer à la construction d'une coopération prospère, qui bénéficiera à nos deux pays et aux deux rives de la Méditerranée», peut-on lire également.

«L'intérêt de l'Algérie et de la France réside dans une coopération bilatérale fructueuse et équilibrée, permettant, en particulier, un développement global pour les deux pays et pour l'ensemble de la région, en général.» «L'intérêt de votre pays consiste à s'appuyer sur une coopération avec l'Union maghrébine sans conflits, entièrement orientée vers la construction des économies productives», a-t-elle insisté.
«Attiser par exemple les feux de la discorde ou la 'fitna'' entre l' Algérie et le Maroc, entraînera des conséquences négatives sur les deux pays, et des cas de ce genre, en notre époque, sont légion», a-t-elle enchaîné. Pour la directrice d'Echaab, «le dialogue reste le meilleur moyen pour régler n'importe quel conflit, sachant que l'Algérie est un pays de dialogue, de la concorde et de la réconciliation nationale. Ce dernier est un projet initié et concrétisé sur le terrain par le président de la République, Abdelaziz Bouteflika. Cette réconciliation a permis de mettre fin à la violence de la décennie noire des années 1990, de tourner la page du terrorisme, et de se muer même en modèle de lutte contre le terrorisme a travers le continent africain et ailleurs», fait-elle savoir. Mme Debbache a formulé une série d'interrogations: «Les interventions militaires sont-elles parvenues à trouver une solution souhaitée? N'ont-elles pas abouti à des résultats catastrophiques sur des pays, des civilisations et sur l'humanité en général? Combien de morts, de blessés, de réfugiés, de destructions et de chaos ont-elles généré?».
Nos deux pays peuvent faire de la Méditerranée, un bassin de la paix et de la sérénité, au lieu d'en faire une fosse commune pour les milliers de migrants et «harraga». «La majorité écrasante de notre communauté en France, qui constitue la deuxième matrice électorale chez-vous, a voté en votre faveur», a-t-elle rappelé. «Le fait que les Algériens et les Français se connaissent bien, constitue un atout indéniable permettant de mettre de côté nos différends pour aller de l'avant, en apaisant un tant soit peu, l'agitation de la Méditerranée d'autant plus que vous êtes les partisans de la lutte contre le réchauffement climatique à travers la Convention cop21», a-t-elle soutenu.
«L'intérêt que vous portez à la région du Sahel, requiert des efforts réels et efficaces et l' Algérie est prête à contribuer à cet effort, comme elle l'a bien prouvé que ce soit au Mali ou en Libye», a-t-elle souligné. Tout en rappelant le principe de réciprocité en diplomatie, elle se demande pourquoi on ne prend pas exemple sur l'Algérie pour faire un pas vers le règlement du conflit sahraoui qui reste en suspens depuis 40 ans. Elle suggère à Macron l'élaboration des agendas prévoyant des solutions pacifiques. «Nous avons conscience de l'existence de certains courant hostiles au rapprochement algéro- français, mais les parties favorables au rapprochement entre nos deux pays, ont conscience que la moindre discorde dans notre pays verrait ces étincelles atteindre la France et l' Europe.»

Journal l'Expression.

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